En droit français, l’ordre public est l’équivalent des conditions de vie. L’Administration doit garantir à ses citoyens la tranquilité, la sécurité et la salubrité. Mais depuis des années, les conditions de vie dans l’est du 18ème se sont dégradées de manière violente. La tranquilité a disparu sous le poids de l’incivilité, la sécurité est constamment menacée par les vols à l’arrachée et le trafic de drogue, tandis que la salubrité s’effondre face à la toxicomanie et à la prostitution.

Peu à peu, l’ordre public a disparu pour laisser la place au désordre public, face auquel un petit groupe de citoyen s’est organisé pour interpeller les pouvoirs publics et essayer de changer les choses : le réseau 10-18, un groupe de 11 associations et collectifs.

  • Cavé Goutte d’or (blog)
  • La vie Dejean (twitter)
  • SOS La Chapelle (site)
  • Demain la Chapelle (site)
  • Paris Goutte d’or
  • Riverains Lariboisière-Gare du nord (twitter)
  • Collectif Marcadet (twitter)
  • Vivre Gares
  • SOS Pajol-Girard (twitter)
  • Union des commerçants Chapelle Goutte d’or
  • Association des commerçants sri-lankais et indiens de France

“Nous refusons l’accumulation de toutes les précarités dans nos quartiers où la loi de la jungle a pris le pas sur la loi républicaine.”

C’est à travers une lettre ouverte en forme de manifeste s’adressant directement au Premier ministre et à la mairie de Paris que le réseau s’est fait connaître.

Cette lettre ouverte recevra une large couverture, notamment par des médias nationaux (Huffpost, Valeurs Actuelles, Le Parisien) et entraînera en réponse la nomination d’Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la mairie de Paris, à la tête d’une task-force censée résoudre les problèmes des habitants. Depuis, les associations membres alpaguent régulièrement leurs élus sur les réseaux sociaux, reportant sur tel ou tel problème.

Trois mois plus tard, le plan de réponse tant attendu arrive, et répond à de nombreuses demandes des riverains : augmentation du nombre d’agents de police, enquête sur les réseaux de blanchiment d’argent, expropriation pour les commerces nuisibles, etc. Reste à en voir les résultats.

En parallèle, l’association La vie Dejean a intenté un procès à l’Etat et à la Ville de Paris, par lequel il a réussi à les faire condamner pour “carence fautive”. Autrement dit, le juge administratif a reconnu la responsabilité de l’Etat et de la Ville de Paris, du fait de leur inaction, dans la dégradation des conditions de vie.

 

“Nous, habitants et commerçants, refusons l’abandon de ces quartiers par la puissance publique”

Si tout cela a été fait, c’est en raison d’une carence de la puissance publique. Que le coupable soit la mairie de Paris, la préfecture, l’Etat ou plus probablement un mixe des trois, la réaction naturelle a été la même : les habitants ont pris leurs responsabilités, et se sont chargés eux-même de définir la ligne politique de leur commune, hors de toute échéance électorale : la priorité était là, et ils ont fait en sorte que des réponses soient apportées.

C’est un exemple éclatant de réappropriation du pouvoir municipal par les citoyens, à l’image de ce que le 18 en Commun souhaite accomplir. Un petit groupe de citoyens déterminés, unis par une cause commune, a provoqué un changement dans l’Administration de sa ville, probablement pour le meilleur.

On finit sur une citation qui résume assez bien ma pensée face à ce mouvement : “Ne doutez jamais qu’un petit groupe de citoyens déterminés peut changer le monde, c’est la seule chose qui l’ait jamais fait.”

Nicolas Husset

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